Avec un investissement moyen par habitant et par an de 4500€ pour le renouvellement urbain contre 23€ pour le développement social, l’État mène une politique de la ville incohérente.
En effet, par le biais de ses deux principales agences : l’ANRU (agence nationale de la rénovation urbaine) et l’ACSE (agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances), l’investissement fait pour les quartiers prioritaires en France met en avant une politique beaucoup trop axée sur le logement.
Si de nombreux bâtiments construits après guerre dans l’urgence nécessitent d’être démolis, cela ne suffit pas à faire sortir les habitants de ces quartiers de la précarité.
De nombreuses études ont montré le rôle des politiques sociales de proximité dans la lutte contre l’exclusion, la précarité et contre les logiques de transmissions générationnelles de cette précarité.
Reloger une famille dans un bâtiment plus ressent (souvent plus cher également!) ne pallie pas le manque de formations professionnalisantes, le manque d’accompagnement scolaire des enfants, le manque d’accès à la culture ou le manque d’accès aux droits dont ces familles ont besoin.
A Rennes, le fond CUCS (contrat urbain de cohésion sociale) qui permet le développement des actions sociales de proximité est alimenté en majorité pas les collectivités pour compenser ce manque d’engagement de l’État. Qu’en est-il ailleurs ? Comment des collectivités qui n’ont pas les moyens peuvent réellement mettre en place des politiques cohérentes et efficaces pour ces quartiers qui en ont le plus besoin ?
Si le renouvellement urbain est une nécessité, il doit s’accompagner de réelles politiques de soutien :
aux structures sanitaires et sociales,
aux associations,
aux établissements scolaires,
au développement économique par l’aide aux entreprises,
aux habitants qui souhaitent développer des projets.
Il est donc urgent que les moyens de la politique de la ville soient recentrés autours des citoyens si nous ne voulons pas qu’ils ne servent qu’à un étalement de la misère sociale.
Dans l’interview qu’il a accordée au Monde, M. Guéant fait l’aveu indirect de l’échec de la politique qu’il a menée dans la continuité de ses prédécesseurs. Si la politique de drague des électeurs du front national aurait pu s’avérer payante électoralement, les conséquences sur le terrain mettent le ministre de l’intérieur dans une situation délicate.
La stigmatisation de la communauté musulmane associée à la crise sociale que nous traversons a produit des effets non escomptés par le gouvernement. En effet, plutôt que de favoriser un glissement de l’électorat frontiste vers l’UMP, cela a renforcé les préjugés latents de la société et cela bénéficie aujourd’hui au processus de dédiabolisation que Marine Le Pen a initié pour son parti.
Ainsi, la stratégie annoncée par la droite populaire ne paye pas et, quelques mois avant les élections, M. Guéant cherche à expliquer sa position sous l’angle de la défense des principes républicains pour calmer l’effet de l’huile qu’il jetait encore sur le feu il y a quelques semaines.
Les effets sont malheureusement déjà mesurables au quotidien sur les tensions qui réapparaissent entre les communautés. Plus un jour ne se passe sans que des centaines de commentaires xénophobes soient postés sur les sites des quotidiens nationaux. Plus un jour ne se passe sans que les associations reçoivent des signalements d’actes discriminatoires liés à l’origine. Plus un jour ne se passe sans entendre un préjugé sur la religion musulmane dans les médias.
Le recul de M.Guéant n’aura pas de conséquences car la machine qu’ils ont démarrée ne s’arrête pas sur une simple décision. Si nous voulons que le débat présidentiel se passe effectivement sans que « ce thème soit un sujet d’empoignades », il faudra du courage pour s’excuser auprès de tous les musulmans et pour expliquer aux Français le véritable objectif des dérives xénophobes des dernières années.
L’équipe de SOS Racisme 35 vous souhaite à tous une bonne année 2012.
Les dernières années ont été marquées par une libération de la parole raciste stigmatisant certains de nos concitoyens.
Malgré ce climat malsain, notre association, attachée aux principes de respect, d’égalité et de tolérance a continué contre vent et marées à défendre notre conception du vivre ensemble.
Nous ne changerons pas en 2012, bien au contraire !
Nous continuerons à défendre notre vision de la société et nous porterons notre discours après des candidats aux différentes échéances électorales afin de que de véritables politiques de lutte contre l’exclusion, de lutte contre les discriminations, de promotion de l’inter-culturalisme et de promotion de la cohésion sociale soient mises en place dans les années à venir.
Si cette année doit être un tournant, elle ne se fera pas sans nous !
Si vous souhaitez contribuer à la transmission de nos valeurs auprès des futurs électeurs par le biais de nos interventions en milieu scolaire, si vous souhaitez aider les personnes victimes de discriminations grâce aux permanences juridiques bihebdomadaire ou si vous voulez construire le vivre ensemble de demain par nos action interculturelles ; rejoignez-nous ou faîtes un don en ligne (http://www.sos-racisme.org/agir/form/adherer) dès maintenant!
Nous vous souhaitons de nouveau une très bonne année 2012 en espérant vous voir bientôt à nos côtés.
Le premier café citoyen de l’année aura lieu le mardi 13 décembre à 19h au pôle associatif de la Marbaudais (32 rue de la Marbaudais à Rennes)
Le débat portera autour des révolutions arabes: quel avenir démocratique, la question du vote islamiste, les requêtes de la jeunesse… sont autant de thèmes qui pourront être discutés lors de cette soirée.
Depuis le mois de novembre l’association a un nouveau local permanent au sein du pôle associatif de la Marbaudais, à Maurepas.
Ce local nous permettra d’avoir un lieu de travail pour l’ensemble des militants mais également de pouvoir accueillir les personnes victimes de discriminations.